Les symptômes résiduels du trouble bipolaire – Mon résumé de la conférence du Dr Marc Masson

👉 Découvrez la conférence complète du Dr Marc Masson – Les symptômes résiduels du trouble bipolaire – Argos 2001 – Mai 2017

Article rédigé par Camille – 3 octobre 2025


Les conférences Argos, c’est quoi ?

Argos 2001 est une association nationale pour les personnes souffrant de troubles bipolaires et leurs proches.
Elle a été fondée à la suite de conférences du Dr Gay à l’hôpital Sainte-Anne à Paris en 2001.

L’association propose depuis plusieurs années des conférences régulières, visibles en ligne, sur le trouble bipolaire. Elles sont animées par des experts en santé mentale (médecins, psychiatres, chercheurs…). Voir les conférences

Chaque année, en mars, ils organisent aussi la Journée mondiale des troubles bipolaires, en présentiel (et en visioconférence).

Basée sur plusieurs antennes en France, l’association propose également des groupes de parole en présentiel ou en visio, des activités et des permanences téléphoniques. En savoir plus sur l’association

Le Dr Marc Masson, c’est qui ?

Le docteur Marc Masson est psychiatre.

Bibliographie

Les troubles bipolaires – Que sais-je ?

Les troubles bipolaires – Edition Lavoisier

Manuel des troubles bipolaires


Les sources de la conférence « les symptômes résiduels du trouble bipolaire » :

  • Samalin et al. (2014, 2016)
  • Judd et al. (2002, 2003)
  • Sylvia et al. (2001)
  • Rocha et al. (2013)
  • Henry et al. (2015)
  • Geoffroy et al. (2016)
  • Diego J. et al., J Affect Disord (2008)

Les 4 types de symptômes résiduels du trouble bipolaire

graphique symptômes résiduels du trouble bipolaire période inter-critique ou euthymie (source : Samalin et al. 2016 - conférence du Dr Marc Masson - Argos 2001 - mai 2017

Lors de cette conférence, il aborde les symptômes persistants pendant la période euthymique, c’est-à-dire entre les épisodes de manie et de dépression.

Il indique que ces symptômes altèrent la qualité de vie des patients. Il partage l’image d’un caillou dans un rouage.
Il regrette que ces symptômes ne soient pas suffisamment pris en considération par les professionnels de santé et que les offres de soins restent encore limitées hors métropole. Il indique que ce sont surtout des approches non médicamenteuses qui peuvent apporter une aide pour diminuer, voire supprimer, ces derniers symptômes.


Quelles causes pour les symptômes résiduels du trouble bipolaire ?

Il évoque trois pistes possibles concernant ces symptômes :

  • la maladie elle-même,
  • les conséquences des épisodes maniaques ou dépressifs,
  • les effets secondaires des traitements.


Hyper-réactivité émotionnelle

Il indique que certains patients présentent une sur-réaction émotionnelle. Il donne l’exemple d’une petite remarque dans la sphère personnelle ou professionnelle qui peut prendre beaucoup d’ampleur.


Pour la prise en charge, il propose trois pistes :

Méditation de pleine conscience
Il constate une différence chez ses patients lorsqu’ils pratiquent la méditation de pleine conscience 15 à 20 minutes par jour. Il parle de du livre de Christophe André « méditer jour après jour ».

Il invite à s’initier à la méditation avec des professionnels qui connaissent le trouble bipolaire. Il insiste sur le fait d’en parler avec son médecin en amont, car elle peut être déconseillée (par exemple, elle peut accentuer les ruminations pendant les phases dépressives).


Il aborde rapidement les groupes d’affirmation de soi et de gestion du stress. Il ne donne toutefois pas de détails sur le fonctionnement de ces groupes.


Troubles du sommeil et des rythmes circadiens

Il parle des troubles du sommeil, très fréquents chez les personnes souffrant de trouble bipolaire, même entre les crises. Pour lui, à chaque consultation, le médecin devrait demander comment se passe le sommeil.

Les troubles du sommeil peuvent avoir comme conséquences :

  • des rechutes plus fréquentes,
  • un mauvais fonctionnement global,
  • une mauvaise qualité de vie,
  • un risque augmenté de syndrome métabolique.

Il rappelle l’importance d’un bon sommeil dans le contrôle de la maladie. Il indique qu’il participe à éliminer les substances toxiques accumulées dans le cerveau pendant la journée.


Un aparté sur le syndrome métabolique

Il explique que lorsqu’il y a des troubles du sommeil, la régulation du sucre et des graisses dans l’organisme peut être perturbée, avec des conséquences possibles comme du diabète ou du cholestérol, voire à terme possiblement un risque accru d’AVC ou d’infarctus.
Il invite à être attentif à son sommeil, car c’est aussi un moyen de réduire le risque cardio-vasculaire, plus important chez les personnes souffrant de trouble bipolaire. Il rappelle que l’espérance de vie est réduite de quelques années, en partie à cause du syndrome métabolique.

Il parle des différents types de troubles du sommeil (difficulté à s’endormir, réveil nocturne, réveil précoce, hypersomnie…).


Pour la prise en charge

Place des somnifères et de la mélatonine
Il évoque rapidement leur rôle en indiquant qu’il ne faut pas les diaboliser. Pour lui, il peut être utile d’en avoir chez soi au cas où l’on dort mal ponctuellement.

Il parle aussi de la mélatonine, notamment pendant les voyages à l’étranger.


IPSRT
Il explique que la Thérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux du trouble bipolaire est assez proche des TCC. Elle se déroule en groupe sur plusieurs séances.
Ce sont des occasions de mettre en place des habitudes telles que : utiliser un agenda du sommeil, renforcer son rythme veille-sommeil (prendre une douche chaude le matin, baisser la luminosité le soir, éviter le sport en soirée…).


Il parle également des thérapies comportementales et cognitives (TCC) sans donner de détails quant à leurs modalités de fonctionnement.


Les symptômes résiduels dépressifs

Il n’aborde pas dans cette conférence en détail ce point.


Les troubles cognitifs

Il parle des troubles cognitifs présents chez un patient sur deux, pendant les épisodes ou en période d’euthymie.

Ils touchent :

  • l’attention (par exemple : difficulté à suivre une émission),
  • l’apprentissage,
  • la mémoire verbale,
  • le langage (par exemple : chercher ses mots, avoir de la difficulté à exprimer clairement ce que l’on souhaite dire),
  • les fonctions exécutives (c’est-à-dire la difficulté à passer d’une idée à l’autre facilement).

Il évoque le fait qu’on a plus de risques de présenter des symptômes cognitifs si l’on a eu des symptômes psychotiques pendant les crises (idées délirantes, dépression très sévère, hallucinations).


Pour la prise en charge, il parle de remédiation cognitive.
Elle peut se faire dans une structure (hôpital, CMP…) ou bien via un neuropsychologue en libéral.
Même si elle n’est pas remboursée en libéral, il souligne l’importance de faire au moins une évaluation au début pour cibler les axes de travail, puis au moins une séance de bilan.

Cela s’organise en groupe ou en suivi individuel avec des exercices via des logiciels du type Happy Neuron ou Cogmed.


Mon infographie de la conférence du Dr Marc Masson : les symptômes résiduels du trouble bipolaire

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Elle est volontairement en noir et blanc pour que tu puisses l’imprimer pour pouvoir échanger avec ton médecin.

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