Place du médecin généraliste dans le parcours de soin chez les patients souffrant de troubles de l’humeur – ce que je retiens de la conférence du Pr Belzeaux et du Dr Oude-Engberink

👉 Voir la conférence place du médecin généraliste dans le parcours de soin chez les patients souffrant de troubles de l’humeur – Pr Belzeaux et Dr Oude-Engberink – Conférence Argos 2001 – Décembre 2024


Article rédigé par Camille – 20 octobre 2025

Les conférences Argos, c’est quoi ?

Argos 2001 est une association nationale pour les personnes souffrant de troubles bipolaires et leurs proches. Elle a été fondée à la suite de conférences du Dr Gay à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, en 2001.
L’association propose, depuis plusieurs années, des conférences régulières, visibles en ligne, sur le trouble bipolaire. Elles sont animées par des experts en santé mentale (médecins, psychiatres, chercheurs…).
Chaque année, en mars, elle organise également la Journée mondiale des troubles bipolaires, en présentiel et en visioconférence.
Basée sur plusieurs antennes en France, l’association propose aussi des groupes de parole en présentiel ou en visio, des activités et des permanences téléphoniques.
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Pr Belzeaux et Dr Oude-Engberink, qui sont-ils ?

Le professeur Raoul Belzeaux est psychiatre et le docteur Agnès Oude-Engberink est médecin généraliste.


1 – L’étape du diagnostic, parfois difficile pour les médecins généralistes à différencier d’une dépression classique

Le Dr Agnès Oude-Engberink indique qu’il ne se passe pas une journée sans qu’il y ait un patient qui consulte pour un trouble de l’humeur, parfois exprimé d’abord par des plaintes physiques.
Les patients consultant essentiellement en phase dépressive, elle exprime la difficulté de différencier une dépression classique d’une dépression bipolaire.

Le Pr Belzeaux indique qu’il existe des indices pouvant faire penser à une dépression bipolaire :

  • antécédent de trouble bipolaire dans la famille,
  • survenue brutale de la dépression sans raison particulière,
  • hypersomnie et prise de poids sans médicaments (dans une dépression classique, on retrouve plus souvent une insomnie et une perte de poids),
  • contraste avec le fonctionnement habituel du patient (interêt de cette medecine de famille qui suit depuis longtemps)
  • présence d’une période d’exaltation (oser poser la question).

Ils indiquent que, dans l’idéal, l’étape du diagnostic nécessiterait une réelle disponibilité d’écoute. Ils parlent des « confidences sur le pas de la porte ».

Dr Oude-Engberink et Pr Belzeaux soulignent cependant que dans la pratique, les professionnels sont souvent confrontés à un manque de temps, de relais et d’outils.

Le Dr Agnès Oude-Engberink évoque la place des informations trouvées sur Internet, qui peuvent devenir un outil de dialogue.

Le Pr Belzeaux encourage les patients à parler de leurs doutes avec leur médecin.

Il rappelle que le trouble bipolaire et la dépression classique se traitent différemment. Il évoque la place des antidépresseurs (minute 27 de la conférence), qui peuvent parfois aggraver l’évolution de la maladie bipolaire. Ils ne doivent être utilisés que dans des situations spécifiques et toujours associés à un thymorégulateur.


2 – Le parcours de soin : une coordination et une communication interprofessionnelles à optimiser

Ils abordent l’importance de la coordination et de la communication entre psychiatres et médecins généralistes, souvent insuffisantes.

Ils insistent sur l’importance des courriers transmis, qui ont une grande valeur informative et formative pour les médecins généralistes. Elle donne l’exemple des courriers envoyés par les Centres Experts. Le professeur précise que, d’un point de vue éthique, le patient doit connaître le contenu du courrier.

Ils suggèrent que les réunions pluridisciplinaires pourraient être une piste d’amélioration.

Un dossier collaboratif entre professionnels, permettant de partager des données, n’est pas encore d’actualité.

Il rappelle que le patient doit être acteur de sa prise en charge : le médecin fait avec le patient.

Focus sur les Centres Experts

Une dizaine de centres sont répartis en France (aucun en Normandie ni en Bretagne). Le mode d’accès varie selon les centres et leur saturation :

  • prise de rendez-vous directe dans certains,
  • orientation par le médecin généraliste ou le psychiatre dans d’autres.
    Le Pr Belzeaux présente les Centres Experts comme un outil de coopération avec le psychiatre de suivi.
    En savoir plus sur les Centres Experts

Focus sur la place de l’aidant

Le Pr Belzeaux indique qu’il reçoit parfois l’aidant et le patient ensemble, uniquement avec l’accord de ce dernier. En effet, en raison du secret médical, les informations du patient ne peuvent pas être communiquées aux aidants. Cependant, les informations apportées par les aidants peuvent enrichir la prise en charge. Il évoque aussi la possibilité de communiquer via un courrier ou un mail.

Le trouble bipolaire : une grande hétérogénéité

Il explique que, contrairement aux idées reçues, beaucoup de patients bipolaires fonctionnent bien malgré la maladie et les traitements (exemple : l’insertion professionnelle, avec 80 % des personnes ayant un emploi).
Cependant, certains rencontrent davantage de difficultés notamment en raison d’un environnement social défavorable ou de comportements addictifs. À la minute 59 de la conférence, ils parlent du statut de travailleur handicapé, d’allocations, voire d’invalidité.


3 – L’importance de prendre soin de sa santé physique, le rôle du suivi régulier par le médecin généraliste

Certaines maladies peuvent se développer avec le temps chez les personnes vivant avec un trouble bipolaire. Ils rappellent l’importance d’un suivi régulier chez le médecin généraliste, notamment dans le cadre du trouble bipolaire reconnu comme affection de longue durée (ALD), afin de prévenir et de prendre en charge les comorbidités.
Ils évoquent notamment :

  • les problèmes de poids,
  • le diabète,
  • les maladies cardiaques,
  • le tabagisme,
  • l’apnée du sommeil,
  • la dysthyroïdie…

Focus sur l’ALD

Il s’agit d’un dispositif de l’Assurance Maladie, non obligatoire, permettant un meilleur remboursement (hors mutuelle) de certains traitements, hospitalisations ou transports. En savoir plus

Focus sur l’effet iatrogène

C’est l’effet négatif d’un traitement, réversible ou non.
Attention : il insiste sur l’importance qu’une modification thérapeutique ne doit jamais être faite dans la précipitation et sans avis médical.

La présentation se termine avec le projet de recherche Bipo Vite. Il s’agirait d’un test sanguin permettant de différencier une dépression bipolaire d’une dépression classique.

Mon infographie – ce que je retiens de la conférence « place du médecin généraliste dans le parcours de soin chez les patients souffrant de troubles de l’humeur »

infographie page 1 résumé conférence place du médecin généraliste chez les patients souffrant de troubles de l'humeur - conférence Argos 2001 - décembre 24
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