Stratégie de prévention de la rechute – Ce que je retiens de la conférence d’Ambre Gasquet

La conférence se déroule le 19 septembre 2025 dans le cadre de la Journée lyonnaise des troubles bipolaires, organisée par Le Vinatier.

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Qui est Ambre Gasquet ?

Elle est psychologue.
Au moment de la conférence, elle travaille pour le centre Bipol’Air à Lyon.


Les sources de la conférence

Parmi celles citées, je retiens :

  • Novick & Swartz, 2020
  • Chiang et al., 2017
  • Mikowitz et al., 2021
  • Goulet, 2018

La rechute : un enjeu central dans la prise en charge des troubles bipolaires

Ambre Gasquet indique que 70 % des personnes vivant avec un trouble bipolaire rechutent dans les cinq ans suivant un épisode.

La rechute peut avoir différentes conséquences, notamment : des troubles cognitifs, des répercussions sur la vie professionnelle, la situation financière, des conflits ou encore l’isolement.

L’objectif de la prise en charge des rechutes est d’espacer les épisodes dépressifs ou maniaques, d’en diminuer l’intensité et la durée, et d’améliorer la qualité de vie des patients.


Différentes stratégies

1 – La psychoéducation

La psychoéducation permet de comprendre, de développer sa capacité d’action et de mieux expliquer la maladie à ses proches.
Elle réduit le nombre de rechutes et améliore la prise régulière du traitement.

Elle se déroule habituellement en groupe, sur plusieurs séances. On y aborde des thématiques telles que : le diagnostic, les différents types de troubles bipolaires, les traitements, ou encore l’analyse des épisodes précédents en identifiant ses propres facteurs déclenchants, signes avant-coureurs et signes de début de phase.

Ambre Gasquet explique qu’elle utilise, dans les groupes de psychoéducation du centre Bipol’Air, différents outils comme des grilles ou la roue des émotions.

Elle s’appuie dans sa pratique sur plusieurs ouvrages :

Focus sur l’amélioration des rythmes

Elle indique que la perturbation du cycle veille-sommeil est un facteur important de rechute.
Dans ce sens, elle parle de trois axes qui favorisent la régulation du rythme veille-sommeil :

  • un sommeil régulier et la prise en charge des troubles du sommeil,
  • des horaires de travail réguliers (dans la mesure du possible, éviter le travail de nuit),
  • favoriser la vie sociale (par le travail ou d’autres activités).

2 – Les stratégies comportementales

Les TCC (Thérapies cognitives et comportementales), associées à un traitement, seraient plus efficaces que le traitement seul.
Elles peuvent être de différents types et s’adaptent à la problématique du patient.

Elles amélioreraient notamment le fonctionnement psychosocial, diminueraient les rechutes et la sévérité des épisodes maniaques.

Focus sur la gestion du stress

Elle indique que les personnes vivant avec un trouble bipolaire ont une moins bonne capacité à gérer le stress que la population générale.

Elle parle de différents types de prises en charge axées sur le problème, l’émotion, le soutien social, les problèmes relationnels. L’objectif est d’augmenter les compétences en gestion du stress du patient en tenant en compte de sa singularité.

Elle aborde la thérapie interpersonnelle et d’aménagement des rythmes sociaux (TIPARS) en indiquant qu’une conférence est dédiée à ce sujet. Voir la conférence

3 – Prise en charge des comorbidités

Les comorbidités (le fait d’avoir une autre maladie en plus du trouble bipolaire) sont très fréquentes : elles concernent 50 % des bipolaires de type I et 37 % des bipolaires de type II.

Elle indique notamment que 40 % souffriraient de troubles anxieux et 30 à 75 % d’addictions.

En plus des comorbidités, peuvent s’ajouter des problématiques d’auto-stigmatisation, de dérégulation émotionnelle et de difficultés relationnelles.

Elle précise qu’il est essentiel que ces comorbidités soient prises en charge, car elles ont un impact sur l’évolution du trouble bipolaire.
Dans ce sens, elle évoque :

  • le diagnostic des comorbidités,
  • la psychoéducation spécifique à chaque comorbidité,
  • et une prise en charge thérapeutique adaptée.

Focus sur l’anxiété

Elle évoque les thérapies par l’exposition et indique que ce qui fonctionne le mieux est de réhabiliter l’incertitude et d’augmenter la tolérance à l’anxiété.

Elle aborde également, plus brièvement, l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) dans le traitement du stress post-traumatique.

4 – L’observance médicamenteuse

  • 81 à 91 % de rechutes surviennent en l’absence de traitement dans les 5 à 10 mois suivant un épisode.
  • Plus de 50 % des patients arrêtent au moins une fois leur traitement.

Elle souligne que la question du traitement doit être ouverte au dialogue avec le médecin.

Après avoir échangé avec les psychiatres de son établissement, elle indique que l’objectif de ce dialogue est d’identifier les raisons pour lesquelles le patient ne prend plus son traitement (effets secondaires, oublis, non-adhésion au diagnostic…) afin de proposer une stratégie personnalisée (informations sur le traitement, passage infirmier en cas d’oublis, changement de traitement si nécessaire…)

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